Vendredi 21 novembre 2008
Notre série de billets (lire le 1er et le 2e) sur ce thème touche à sa fin. Pour conclure, nous nous devions de parler de l’étude géante, baptisée “Interphone”, qui est censée évaluer l’effet du téléphone mobile sur la santé et mettre de ce fait tout le monde d’accord. Réalisée entre 2000 et 2006 et portant sur 14 000 personnes dans 13 pays, pour un coût total de 30 millions de dollars, ses résultats se font attendre. Ceux-ci devaient être publiés début 2007, mais The Economist a finalement dévoilé en septembre qu’ils ne seront pas rendus publics avant 2009. D’après Elisabeth Cardis, coordonnatrice de cette étude, “une version qu‘[elle] espère consensuelle de l’article est en préparation et (…) rien ne [lui] laisse penser pour l’instant que la soumission ne puisse pas se faire cette année.”
Dans un autre domaine, les principales compagnies mondiales de réassurance (LLoyds, Swiss de Ré, ou encore Allianz), appliquant à la lettre le principe de précaution, refusent depuis 2003 d’assurer les opérateurs de téléphonie mobile pour tout ce qui concerne “les dommages de toute nature liés aux champs et ondes électromagnétiques“. Plus récemment, le 4 septembre 2008, le Parlement européen s’est déclaré vivement interpellé par le rapport international Bio-Initiative sur les champs électromagnétiques, qui fait la synthèse de plus de mille cinq cents études consacrées à la question. Elle constate ainsi que “les limites d’exposition aux champs électromagnétiques fixées pour le public sont obsolètes” et “regrette profondément que la Commission n’ait pas assuré un financement adéquat en matière de surveillance biologique humaine pour l’année 2008, comme elle s’y était engagée auprès des États membres et du Parlement“. Affaire à suivre donc et en attendant, la polémique bat son plein…
Lundi 17 novembre 2008
Depuis l’affaire du Wi-Fi dans les bibliothèques parisiennes (voir précédent billet), des mesures sur les ondes électromagnétiques ont été effectuées par des laboratoires indépendants. Les résultats ont été rendus publics le 11 septembre dernier et font état de niveaux d’ondes « 80 à 400 fois inférieurs au seuil réglementaire ». La Ville de Paris précise quant à elle que « les visites médicales proposées à tous les agents ayant signalé des maux liés au Wi-Fi n’ont permis de diagnostiquer aucune pathologie ». Les membres du comité d’hygiène et de sécurité (CHS) de la direction des affaires culturelles de la mairie ont donc donné leur feu vert le 7 octobre pour la remise en service des bornes incriminées… même si Denis Baupin, adjoint au maire de Paris chargé de l’environnement, s’y oppose, préférant appliquer le principe de précaution. Il indique aussi que la ville de Lyon a décidé de ne pas installer de bornes Wi-Fi, tout comme la BNF, et que le Parlement européen a voté un rapport préconisant l’application de dispositifs plus contraignants à l’encontre des champs électromagnétiques.
Parallèlement, le déploiement à Paris de hotspots gratuits suscite une levée de boucliers de syndicats et associations, mettant en avant les risques sanitaires liés à l’exposition prolongée aux ondes Wi-Fi. Et ce débat n’est pas près d’être clos puisque la Ville de Paris envisage de louer les kiosques de presse de la capitale aux opérateurs télécoms souhaitant y installer des bornes Wi-Fi… Ce projet soulève lui aussi des inquiétudes, notamment auprès du Syndicat national des diffuseurs de presse qui s’interroge sur le « danger potentiel pour la santé des personnes travaillant dans les kiosques qui seront exposées toute la journée ».
Suite et fin de notre série sur les ondes électromagnétiques dans un prochain billet…
Mercredi 12 novembre 2008
A mesure que se déploient de nouvelles technologies radios, la polémique enfle sur les effets sur la santé des ondes électromagnétiques. L’appel lancé le 15 juin dernier par David Servan-Schreiber et vingt scientifiques pour limiter l’usage des téléphones portables a fait beaucoup de bruit. L’Académie de médecine n’a pas tardé à réagir via un communiqué en dénonçant une opération de marketing et en ajoutant qu’« inquiéter l’opinion dans un tel contexte relève de la démagogie mais en aucun cas d’une démarche scientifique ». Par ailleurs, la Ville de Paris a décidé en décembre dernier de déconnecter les bornes Wi-Fi de six bibliothèques parisiennes suite à des plaintes sanitaires. Plusieurs employés étaient en effet venus se plaindre, depuis l’installation du dispositif, de maux de tête, vertiges, malaises ou douleurs musculaires. Certaines avaient même dû exercer leur droit de retrait, tant la situation était devenue insupportable. Cette action était soutenue par les associations Priartem (Pour une réglementation des implantations d’antennes relais de téléphonie mobile) et Agir pour l’environnement.
La suite dans les deux prochains billets de cette série…